Le scooter est le moyen de transport le plus répandu à Bali, pour les habitants comme pour une partie des visiteurs. C’est aussi, chaque année, une cause majeure d’accidents et de rapatriements sanitaires impliquant des touristes étrangers. Les deux faits ne s’excluent pas : ils obligent simplement à poser la question sérieusement avant de prendre les clés.
Un permis, et pas n’importe lequel
Conduire un deux-roues à Bali suppose de disposer d’un permis valable pour cette catégorie de véhicule, en règle générale un permis international accompagné du permis national, ou un permis reconnu localement. Un simple permis de conduire une voiture ne suffit pas pour un scooter, et le louer sans le document adapté expose non seulement à une amende en cas de contrôle, mais surtout à un refus de prise en charge par l’assurance en cas d’accident — un point sur lequel les Conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères insistent régulièrement. Les règles précises évoluent et se vérifient avant le départ, pas une fois sur place au moment de louer.
La conduite à gauche, et ce qu’elle change vraiment
En Indonésie, on roule à gauche. Pour un conducteur habitué à la conduite à droite, ce changement demande une vigilance particulière, surtout dans les premières heures : les réflexes aux intersections, aux ronds-points et lors des dépassements ne sont pas ceux qu’on a intégrés chez soi. S’ajoute à cela une circulation dense, faite d’un mélange de scooters, de voitures, de camions et de piétons, avec des usages locaux (klaxon bref pour signaler sa présence, dépassements par la droite comme par la gauche) qui surprennent un visiteur non préparé. Un premier trajet court, en journée, sur une route calme, permet de prendre la mesure de ces différences avant de s’aventurer sur des axes plus fréquentés.
Le casque, non négociable
Le port du casque est obligatoire pour le conducteur comme pour le passager. Au-delà de l’obligation légale, c’est une évidence de bon sens : la tête est, de loin, la première zone touchée en cas de chute, même à faible vitesse. Les loueurs fournissent généralement un casque, mais son état varie beaucoup : mieux vaut vérifier la sangle, la coque et l’ajustement avant de partir, plutôt que d’accepter le premier venu.
Des routes qui demandent de l’attention
L’état du réseau routier balinais est très inégal. Les axes principaux autour de Denpasar, Sanur ou Ubud sont globalement praticables, mais on y trouve aussi des nids-de-poule, des plaques d’égout mal fixées, des bas-côtés non stabilisés et une signalisation parfois absente. Sur les petites routes de campagne, ces désagréments s’ajoutent à des dénivelés marqués et à une chaussée parfois mouillée par la pluie ou par l’eau des rizières en irrigation. Rouler de nuit multiplie les risques : l’éclairage public est irrégulier, certains véhicules circulent sans feux fonctionnels, et les animaux peuvent traverser sans prévenir.
Les horaires jouent aussi un rôle : aux abords de Denpasar ou sur les axes reliant Sanur, Kuta et Ubud, certaines heures de la journée concentrent un trafic dense, avec des files de scooters qui se faufilent entre les véhicules plus lents. Un cortège cérémoniel, une procession de village ou un marché installé temporairement sur le bord de la route peuvent aussi couper la circulation sans préavis : ralentir et laisser passer, plutôt que de chercher à contourner, reste la règle la plus sûre — et la plus respectueuse, quand il s’agit d’une cérémonie.
La fatigue et le décalage horaire des premiers jours ne facilitent rien : la vigilance nécessaire pour anticiper un nid-de-poule ou un véhicule qui déboîte sans clignotant demande une attention pleine, difficile à maintenir en fin de journée après plusieurs heures de visite au soleil.
Assurance et responsabilité : ce qui se joue en cas d’accident
En cas d’accident, la question de la responsabilité et celle de la prise en charge médicale se posent immédiatement. Une assurance voyage qui couvre explicitement la conduite de deux-roues, avec un plafond suffisant pour une hospitalisation ou un rapatriement, n’est pas un détail optionnel : de nombreux voyageurs découvrent après coup que leur contrat excluait ce type d’usage, ou qu’il exigeait un permis international qu’ils n’avaient pas. Il vaut mieux lire les conditions générales de son assurance avant de signer un contrat de location, pas après un accident. Les loueurs eux-mêmes proposent parfois une assurance complémentaire au véhicule : elle ne remplace pas une assurance santé et rapatriement personnelle, elle s’y ajoute.
D’autres façons de se déplacer
Le scooter n’est pas la seule option, loin de là. Un chauffeur privé, réservé à la journée ou pour un trajet précis, reste une solution fréquemment utilisée par les visiteurs qui ne souhaitent pas conduire eux-mêmes, en particulier pour les trajets longs ou pour se rendre à une cérémonie où il faudra ensuite se déplacer à pied ou en groupe. Les applications de transport, largement utilisées par les habitants comme par les visiteurs, permettent de réserver une voiture ou un scooter avec chauffeur pour un trajet ponctuel, avec un tarif affiché avant la course. Des minibus et navettes assurent aussi certaines liaisons entre zones touristiques. Combiner ces solutions selon les trajets — chauffeur pour les longues distances, marche pour les petits déplacements dans un même quartier — reste souvent plus confortable qu’un scooter loué pour l’ensemble du séjour, en particulier pour un premier voyage à Bali.
Une question de préparation, pas d’interdit
Rien n’interdit de louer un scooter à Bali, et beaucoup de résidents et de visiteurs expérimentés le font sans encombre. Mais le nombre d’accidents impliquant des touristes chaque année invite à ne pas prendre cette décision à la légère : vérifier son permis, son casque, l’état du véhicule et sa couverture d’assurance avant de démarrer coûte quelques minutes et peut éviter des conséquences bien plus lourdes. Pour préparer le reste du voyage, notre rubrique Famille & vie pratique aborde d’autres questions concrètes du quotidien sur place, et notre rubrique Bali & Culture balinaise explique les usages à connaître avant de croiser une cérémonie sur la route.




