Croiser une cérémonie à Bali est presque inévitable, tant les temples et les rues en accueillent régulièrement. Y assister sans déranger tient à quelques règles simples, mais précises.
La tenue : sarong et écharpe
L’entrée dans l’enceinte d’un temple, cérémonie ou non, impose une tenue spécifique : un sarong, pièce de tissu enroulée autour de la taille jusqu’aux pieds, et une écharpe nouée à la taille par-dessus, appelée selendang. Cette règle s’applique aux hommes comme aux femmes, y compris aux visiteurs. Dans la plupart des temples fréquentés par les touristes, des sarongs sont prêtés ou loués sur place, souvent contre une petite participation ou une donation. Pour les temples moins équipés, ou pour plus de confort, il est possible de se procurer un sarong dans les marchés locaux ou certaines boutiques avant la visite. Les shorts et vêtements très courts ne suffisent pas, même recouverts d’un sarong : une tenue correcte en dessous reste attendue.
En dehors de l’enceinte d’un temple, la règle est plus souple : pour observer une procession dans la rue ou une cérémonie familiale depuis l’extérieur, une tenue simplement correcte — épaules couvertes, vêtements ni trop courts ni trop moulants — suffit généralement. C’est l’entrée physique dans l’espace du temple, avec le sarong noué à la taille, qui constitue le seuil à ne pas franchir sans la tenue adéquate, et non la simple présence à proximité d’une cérémonie.
Où se placer
Une règle revient systématiquement, quel que soit le temple ou la cérémonie : ne jamais se placer plus haut qu’un officiant, ni physiquement au-dessus de lui sur une estrade ou un muret, ni en s’approchant trop près pendant qu’il conduit une prière. Il faut également éviter de passer devant une personne en train de prier, ce qui coupe une ligne considérée comme relevant du recueillement de cette personne. En pratique, cela signifie rester en retrait, sur les côtés ou à l’arrière de l’assemblée, et laisser un espace clair devant les participants agenouillés.
Il en va de même pour les zones du temple elles-mêmes : certaines parties, souvent les plus intérieures ou les plus proches des autels principaux, sont réservées aux fidèles qui participent activement à la cérémonie, et pas nécessairement ouvertes à un visiteur, même respectueux. Quand un doute existe sur la zone où l’on peut se tenir, le plus simple reste d’observer où se placent les autres visiteurs déjà présents, ou de demander directement à une personne sur place plutôt que de s’avancer au hasard.
Photographier, oui, mais pas n’importe comment
La photographie est généralement tolérée dans les zones ouvertes des temples, mais pas systématiquement partout : certaines zones intérieures ou certains moments précis d’une cérémonie peuvent être fermés aux appareils photo, et cela varie d’un temple à l’autre. Le flash est à éviter en toute circonstance pendant une prière. Se placer devant un officiant ou un groupe en prière pour obtenir un meilleur angle revient à la règle précédente sur le positionnement : cela ne se fait pas, même pour une photo. Demander l’autorisation avant de photographier une personne de près reste la règle la plus sûre, comme dans n’importe quel contexte cérémoniel dans le monde.
Femmes en période de règles et interdits de temple
Dans de nombreux temples balinais, une règle affichée interdit l’accès aux femmes en période de règles. Cette restriction, signalée par des panneaux à l’entrée de plusieurs sites, s’appuie sur une notion d’état de pureté rituelle propre à certains lieux de culte, et elle s’applique aussi bien aux Balinaises qu’aux visiteuses. Elle n’est pas appliquée de façon strictement identique partout : certains temples la rappellent explicitement, d’autres s’en remettent à l’honnêteté des visiteuses sans contrôle. Il s’agit d’une règle factuelle, affichée sur place, et non d’un jugement à commenter : la respecter au même titre que les autres consignes vestimentaires fait partie du même principe de respect du lieu.
Les offrandes et le comportement au sol
Comme évoqué à propos du canang sari, l’offrande quotidienne balinaise, de petites offrandes sont posées au sol un peu partout, y compris aux abords des temples. Il convient de les contourner plutôt que de marcher dessus, y compris lorsqu’elles se trouvent sur un trottoir ou dans une allée fréquentée.
Un visiteur n’est en général pas tenu de déposer lui-même une offrande pour assister à une cérémonie, sauf indication contraire d’un accompagnateur ou d’un hôte local. En revanche, glisser une petite participation dans une boîte prévue à cet effet, quand elle existe à l’entrée d’un temple, est une façon simple de contribuer à l’entretien du lieu sans avoir à interagir directement avec les rites en cours.
En cas de procession sur la route
Il arrive régulièrement qu’une procession traverse une route, qu’il s’agisse de porter des offrandes vers un temple ou d’accompagner une cérémonie funéraire. Dans ce cas, la règle est simple : s’arrêter, se garer sur le côté si l’on est en véhicule, et attendre que le cortège soit passé plutôt que de tenter de le contourner ou de le traverser. Cette interruption de circulation peut durer plusieurs minutes selon la longueur du cortège, et elle est comprise et respectée par l’ensemble des usagers de la route, locaux comme visiteurs.
Pour préparer un déplacement en connaissant ce type d’usage, les conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères rappellent les règles générales de respect des coutumes locales à l’étranger. Notre rubrique mode & beauté propose par ailleurs des repères sur les tenues adaptées aux contextes cérémoniels, utiles avant un tel séjour.




